SOMMES-NOUS SEULS DANS L’UNIVERS ?

ASTRON 16 novembre 2020

SOMMES-NOUS SEULS DANS L’UNIVERS ?

Depuis les années 1960, des antennes ont guetté l’arrivée d’un message extraterrestre. En vain. Aujourd’hui, avec la découverte de centaines d’exoplanètes, la recherche de la vie « ailleurs » s’appuie enfin sur des observations fiables.

C’est une des premières curiosités qui pique l’homme depuis qu’il explore le monde. Y a-t-il un autre village sur la rive opposée de ce fleuve ? D’autres hommes sur cette île lointaine ? Une civilisation inconnue de l’autre côté de l’océan ? Plus les hommes ont parcouru la planète, plus leur est devenue familière l’idée que les terres éloignées abritent des humains étrangers, des plantes inconnues et des animaux extraordinaires…

Une fois le premier télescope braqué vers le ciel, une fois les lunes de Jupiter visibles à travers une longue-vue, la fascinante question de la vie extraterrestre est devenue parfaitement sensée : dans ces mondes pluriels finalement si semblables au nôtre, existe-t-il une autre forme de vie ? Et si oui, ces êtres nous ressemblent-ils ? Pourrions-nous un jour communiquer avec eux ? Plus les scientifiques ont progressé dans leur conquête de l’espace, plus ils ont fait résonner cette troublante question…

Une question qui, disons-le d’emblée, n’a pas la moindre chance d’être abordée à l’échelle de l’Univers entier. La galaxie d’Andromède, la plus proche de la Voie lactée, se trouve à 2,36 millions d’années-lumière de nous. Il semble donc raisonnable de s’en tenir à notre propre galaxie, un terrain d’investigation que la lumière met tout de même 100 000 ans à traverser de part en part.

UNE ESTIMATION QUI TIENT DU PARI

Pour tenter d’estimer quelle chance a cette lumière de rencontrer d’autres êtres sur son chemin, un jeune astronome américain, Frank Drake, propose dès 1961 une équation évaluant le nombre probable de civilisations intelligentes capables de communiquer dans la Galaxie. Elle se décompose en sept facteurs (voir p. 33), le premier estimant le nombre d’étoiles; le second la part d’entre elles possédant des planètes, le troisième la part de ces planètes dont les conditions sont favorables à la vie; et ainsi de suite jusqu’à l’émergence d’une civilisation technologique capable de communiquer. Mais l’estimation de la plupart de ces facteurs tient pour l’instant du pari ! Et le résultat final, selon le degré d’optimisme du calculateur, varie. Et il varie aisément d’une unité (la civilisation humaine) à plusieurs milliers.

A l’époque où est posée l’équation, les scientifiques ne pouvaient pas encore observer le ciel. Car ils ne disposait pas d’outils permettant d’étudier méthodiquement chacun de ces facteurs. Surtout, ils sont persuadés que la vie extraterrestre foisonne; et que le meilleur moyen de l’étudier, c’est d’entrer directement en contact avec elle.

Un pari facile à tenter : avec 2 000 dollars et une antenne de 26 mètres installée à l’observatoire de Green Bank, Frank Drake lance Ozma, le premier programme d’écoute à la recherche d’un message extraterrestre. Il observe le ciel pendant trois mois en direction des étoiles Tau Ceti et Epsilon Eridani. Ce qu’il cherche, et qui sera d’ailleurs le fonds de commerce de tous les programmes Seti (Search for Extraterrestrial Intelligence) qui suivront, c’est un signal électromagnétique intense, très bref et très localisé en fréquence, autour de la longueur d’onde de l’hydrogène. C’est en effet ainsi que dans un article publié