Voulez-vous vivre plus longtemps ? Ce que vous devez absolument savoir

ASTRON 6 novembre 2020

Voulez-vous vivre plus longtemps ? Ce que vous devez absolument savoir

Sur 700 habitants, le petit village d’Acciaroli compte pas moins de 80 centenaires. Dans cette bourgade italienne, l’espérance de vie avoisine 87 ans, contre 82 ans en France. Mais quel est donc le secret de cette longévité ? Des chercheurs américains et italiens ont mené l’enquête pendant 6 mois. Leurs travaux, publiés en septembre 2016, pointent du doigt leur régime alimentaire méditerranéen couplé à un facteur génétique.

Au total cinq régions du monde ont été identifiées pour leur pourcentage élevé de centenaires :  l’île d’Ikaría, en Grèce, celle d’Okinawa au Japon, la région de l’Ogliastra en Sardaigne (Italie), la péninsule de Nicoya au Costa Rica et la ville de Loma Linda, en Californie (Etats-Unis). En étudiant ces îlots de longévité, les chercheurs ont découverts un certains nombre de facteurs qui pourraient contribuer à augmenter l’espérance de vie.

La composition de leur système immunitaire.

Les lymphocytes, qui jouent en rôle central en la matière – collectées sur des supercentenaires et sur un groupe témoin. Ils ont remarqué que les lymphocytes T présents chez les supercentenaires étaient, pour 80 % d’entre eux, cytotoxiques. Pour 10 ou 20 % seulement d’entre eux du côté du groupe témoin.

Plus de lymphocytes T cytotoxiques
Plus précisément, les gériatres ont découvert que chez les supercentenaires, des lymphocytes T de type CD4 – classiquement non cytotoxiques – avaient acquis un statut cytotoxique. Comment ? Par un processus que les chercheurs appellent l’expansion clonale. Comprenez que de nombreuses cellules ont pu être identifiées comme issues d’une seule et unique cellule ancêtre.

Les chercheurs considèrent les supercentenaires comme de bons modèles de vieillissement en bonne santé. Un sujet crucial dans nos sociétés modernes. Et ces travaux leur permettent aujourd’hui de mieux comprendre comment ces personnes sont naturellement protégées contre les maladies et même contre le cancer.

Une alimentation saine…

Notre alimentation joue un rôle crucial. Une nourriture saine, variée et équilibrée, a des répercussions bénéfiques sur l’ensemble de l’organisme. De très nombreuses études ont mis en valeur les bienfaits du régime dit méditerranéen – tel qu’on le pratique notamment à Ikaría. Peu de viande rouge, et en revanche beaucoup de légumes accompagnés d’huile d’olive, mais aussi des fruits secs, des yaourts, semblent constituer un bon passeport santé – particulièrement sur le plan cardio-vasculaire. D’autres recettes plus spécifiquement ikariennes semblent favoriser la longévité.

Ainsi, sur cette île, les habitants ont pour coutume de boire du matin au soir des infusions de plantes telle que la sauge ou la menthe sauvage. Elles contiennent des polyphénols, des molécules végétales antioxydantes qui combattent l’effet néfaste des radicaux libres. A Okinawa, une autre plante consommée dans un plat traditionnel sert d’arme secrète: le getto, qui s’apparente au gingembre. Administré à des vers, lors d’une étude menée au Japon en 2012, il aurait augmenté leur durée de vie d’un cinquième. Constituerait-il l’un des secrets de la longévité à Okinawa?

Les autres zones bleues sont également des modèles d’hygiène diététique. Ainsi, Loma Linda est célèbre pour son marché bio – tandis que le reste de la Californie s’adonne souvent à la malbouffe. Jusqu’en 2011, la ville ne comptait pas de restaurant McDonald’s dans ses murs… A Nicoya, au Costa Rica, on sait aussi se nourrir selon les meilleurs préceptes. Ainsi, comme le préconisent les nutritionnistes, on mange peu de viande et les dîners sont plus légers que les déjeuners.

… et pas trop abondante

Récemment, la restriction calorique a été identifiée comme une arme efficace pour freiner le vieillissement. Or, sur l’île d’Okinawa, comme l’exige la coutume, on quitte la table… en ayant faim. A chaque repas, on évite de se rassasier. Les habitants d’Okinawa consomment ainsi quotidiennement 1 800 calories – quand un Français en ingurgite 2 100. Cette « restriction calorique » semble d’une efficacité remarquable. L’île japonaise possède l’une des plus longues espérances de vie planétaire. Sur 1,3 million d’habitants, Okinawa compte aujourd’hui près de 450 personnes ayant dépassé le siècle – pour la plupart dans une forme remarquable.

Entretenir sa tête et ses jambes

Suivant les chiffres de l’OMS (2009), la sédentarité représente la cause première de 27 % des diabètes, 21 % des cancers du côlon, 30 % des maladies coronariennes. Il faut donc se bouger ! Les habitants d’Okinawa sont l’illustration de ce principe : ils jardinent intensément et pratiquent une sorte de danse religieuse proche du tai-chi. A Villagrande, un village de l’Ogliastra sarde, les vieillards ne cessent jamais de travailler, cultivant leur potager pour vivre.

Ils habitent dans des maisons à étages, évidemment sans ascenseur, et dans un village bâti sur une pente très raide… Tout comme, à Ikaría, des collines providentielles se dressent sur les chemins. A croire que ces paysages sont faits pour conserver les personnes âgées en bonne santé!

Pour vivre vieux, vivons soudés

A Ikaría, les habitants passent leur temps les uns chez les autres. A noté un reporter du New York Times venu enquêter sur les centenaires en 2012. Ils s’invitent l’après-midi pour une infusion, le soir pour un verre de vin puis se retrouvent pour danser à la salle des fêtes du village. A Loma Linda, même phénomène, mais pour une autre raison: laquelle selon vous? Les habitants sont souvent ensemble, soudés par une cause commune, la religion. Ils appartiennent pour moitié à l’Eglise adventiste du septième jour. Or, des études ont montré que la vie sociale conserve. Une enquête menée par des médecins de Chicago sur près de 300 000 cas indique ainsi que les personnes seules ont 50 % de plus de risques de mourir dans les sept ans que celles qui sont entourées.

Qui dort dure

Dans son livre l’ABCDaire du futur centenaire (éd. Robert Laffont), le professeur de gériatrie Athanase Benetos rapporte les résultats d’une étude grecque menée pendant six ans auprès de plus de 20 000 patients, sur les effets de la sieste. Or, d’après ces travaux, les adeptes du petit somme de l’après-midi auraient 30 % de risques de moins de mourir d’une maladie cardiaque. Bien évidemment, la sieste est un élément capital de l’art de vivre ikarien et sarde…

Le patrimoine génétique

De nombreuses maladies et affections sont inscrites dans notre patrimoine génétique. Ces gènes défectueux instaurent une inégalité de fait entre les individus. Notre espérance de vie est donc, au moins en partie, inscrite dans notre ADN. Ainsi, on a pu repérer que, en remontant jusqu’au XVIIe siècle, 28 des 55 ascendants connus de Jeanne Cal ment avaient dépassé les 70 ans. « Il y a une nette corrélation entre la longévité des ascendants et celle des descendants », souligne Jean-François Dartigues, épidémiologiste à l’Inserm (Bordeaux). La plupart des gérontologues s’accordent cependant sur le fait que le mode de vie est encore plus important que les gènes.

 

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